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L'interprétation

L'interprétation

Le diable prospère entre les lignes


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De nos jours, un manager peut-il s'enorgueillir d'avoir transmis un message compréhensible unanimement par son équipe dans le cadre d'un changement ?

Parallèlement, soit un détracteur contournera l'objet par esprit de contradiction, soit le sujet sera contesté et souvent par méconnaissance. Votre image seule peut suffire, votre statut aussi.

Nous avons également tellement failli à cause de stratagèmes pour imposer nos idées que la défiance est monnaie courante.

Mais avant tout, la lecture que nous faisons d'une information est l'histoire de notre propre parcours.

 

« On couche volontiers le sens des écrits d'autrui à la faveur des opinions qu'on a préjugées en soi »

Michel de Montaigne, essais, 1595.

 

Je reprends la pige de Fabien Trécourt sur Management de cet été 2014 :

 

Mails, textos, notes … un écrit sur deux serait mal interprété, selon une étude publiée en 2005 par des universitaires américains. Or, quatre siècles avant l'apparition des SMS, Montaigne avait déjà fait ce constat : dès lors qu'il existe un espace pour l'interprétation, le destinataire d'un message s'empresse d'y appliquer sa propre grille de lecture, bref ses préjugés. Prenez la formule « me voilà bien avancé grâce à toi ». Tient-elle lieu de remerciements sincères ou exprime t-elle un reproche ironique ?

Si vous l'utilisez à l'écrit, vous aurez beau être aussi explicite que possible et ajouter un smiley pour donner le ton, vous ne serez jamais à l'abri d'un malentendu. Car si, à l'oral, de nombreuses informations passent par l'intonation et le langage corporel – le regard, les accolades … -, à l'écrit, le diable prospère entre les lignes. D'autant qu'on surestime toujours la capacité d'un interlocuteur à cerner nos intentions.

Comme le note Montaigne : « En la parole la plus nette, pure et parfaite qui puisse être, combien de fausseté et de mensonges l'on a fait naître ? »

 

Distance salutaire

Pour ce philosophe sceptique, vous pouvez difficilement savoir avec certitude ce que les autres pensent, et vice versa ; vos collègues et supérieurs n'échappent pas à la règle. La solution consiste à correspondre avec eux de façon très formelle et « premier degré ». Objectif : installer cette distance salutaire qui permettra d'éviter bien des confusions. Et cela, même – et à plus forte raison – avec votre voisin de bureau.

Encore mieux, dès que possible, n'hésitez pas à interpeller la personne de vive voix. Car non seulement les erreurs d'interprétation sont moins fréquentes à l'oral, mais les échanges y sont plus honnêtes, vos interlocuteurs se révélant notamment plus enclins à se livrer.

 

A l'écrit, faites le vide et restez premier degré.